Chronique d’un second confinement – J13 : des cadeaux de Noël à manger ?

Biden est adoubé par une grande partie du monde, Trump s’accroche à sa propre réalité. Nooooooon, il n’a pas perdu ! Euh, mais si… Bref.

Et nous ? Eh bien, nous sommes toujours confinés. Et apparemment, pour bien plus longtemps que la fin de ce mois annoncée par notre Mr President, toujours plus puissant, auquel rien ne semble pouvoir résister (un parallèle avec le premier paragraphe ?) Inquiétant ? Oui. Mais c’est un autre sujet qui ne sera pas abordé ici. Pas aujourd’hui en tout cas.

Mais même de chez nous, on ne baisse pas les bras. Au contraire, on s’organise. Au niveau local, comme lors du premier confinement, on s’active. Mais encore en mieux. On se rôde, on apprend.

L’infatigable présidente de notre Association a lancé un Marché de Noël virtuel, qui a insufflé une belle bouffée d’oxygène aux citoyens désespérés par le reconfinement que sont les petits commerçants et artisans qui rendent, au jour le jour, notre vie si belle. Oui, oui, oui ! Diantre, n’allons pas en plus, attribuer au déjà boulimique Amazon le rôle du Père Noël cette année ! Levons-nous, soutenons ceux qui ont besoin d’aide, ceux sans qui notre cadre de vie ne serait plus le même. Franchement, c’est à NOUS de NOUS prendre en main et d’agir pour préserver ce que nous jugeons important. Aujourd’hui, pas demain. Demain, qui sait ce que peut arriver… Donc oui, offrons du Local !

Et en parlant de cadeaux, pourquoi ne pas offrir de bons aliments à ceux qu’on aime ? Des aliments de qualité, fabriqués par des gens qui aiment leur métier. Qui prennent soin du monde grâce auquel ils vivent, chérissent les produits qu’ils réalisent et respectent les clients à qui ils s’adressent ? Eh bien oui, on (argh, je n’aime pas dire on mais bon, là, je me le permets) entend souvent que la bonne nourriture, « c’est cher ». Que « le bio, c’est hors de prix ». Et si on profitait de Noël pour en offrir ? Si on décidait d’offrir un émerveillement des papilles cette année ? Plaisir de l’éphémère, jouissance du moment présent. Ça fait rêver, hein ? Revenons à offrir des moments vécus, à déguster des instants partagés.

Et quand on y regarde bien, les objets Amazon, eux aussi, ils coûtent cher. En plus, ils coûtent au monde et à la Terre, mais ça, ce n’est pas marqué sur notre ticket de caisse virtuel. L’autre ticket par contre, celui qu’on ne voit pas (encore) est toujours plus long et lorsque nous allons le recevoir, on va le sentir passer. Alors, autant essayer de ne plus trop l’allonger. Et puis, en plus, les objets Amazon, ça casse. Toujours plus vite. Alors que la vie, la nourriture, les moments échangés, les regards complices, c’est éternel. Alors, pourquoi hésiter davantage ?

Et si nous options désormais pour des cadeaux éternels ?

À méditer…

Chroniques d’un second confinement – J9

16h00, France. Ça se précise pour Biden. Trump est presque hors-jeu mais continue de se couvrir de ridicule devant le monde, médusé par son attitude et ses propos délirants. Enfin, les médias semblent recouvrer un semblant de jugeote : ils ont interrompu la diffusion de son speech, sous prétexte de trop de mensonges et d’erreurs. Enfin, ils le corrigent. Enfin, ils reprennent vie. Où étaient-ils donc passés pendant ces quatre dernières années ? La Terre ose croire que les plus gros pollueurs du monde vont rejoindre la table des discussions et tenter de freiner la marche infernale vers toujours plus de destruction… Tic-tac. Tic-tac.

Chroniques d’un second confinement

11h00

On est au bord du gouffre environnemental (qui dit que nous ne sommes d’ailleurs pas déjà en train de tomber ?) et concrêtement, on fait quoi ? Rien. Absolument rien.

Pire, on est cloîtrés chez nous avec interdiction de sortir. Interdiction de nous regrouper, interdiction de manifester contre les libertés qu’on nous enlève au gros compte-gouttes. Interdiction de se plaindre des conditions de travail en milieu hospitalier. Interdiction de trouver ridicule qu’en plein CoVid on préconise à l’hôpital de Toulouse de diminuer son nombre de lits. Interdiction de s’inquiéter du dépoloiement accéléré de la 5G, sous peine d’être accusé d’aller contre le progrès. Interdiction d’être choqué par l’amalgame fait entre le terrorisme et l’Instruction en famille. Bref, interdiction de critiquer le gouvernement qui semble avoir oublié qu’il a été élu pour représenter tous les citoyens.

Et parce que le tableau n’est peut-être pas assez sombre, les attentats ont recommencé. À point nommé, me direz-vous, pour appuyer l’envie de dégager de notre constitution toute vélléité à souhaiter prodiguer un enseignement différent à ses enfants (comme prôné par l’article 26 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, petit texte à simple valeur déclarative, il est vrai…). Bref, l’homme est à ce point destructeur qu’il accélère lui-même le boulot qu’il met pourtant un point d’honneur à exécuter à vitesse grand V. Tuer, plus, plus vite. Tout, le temps, partout.Et qu’aucune forme de vie n’en réchappe !

Ankylosée par le marasme de ce début novembre, je regarde par écrans interposés, un président sur la sellette, mentant, menaçant, jurant comme il le fait depuis quatre ans, s’accrochant aux restes d’une présidence qui nous aura donné des suées jusqu’au bout. Deux jours que je dors peu, que je respire mal. Outre-Atlantique, ça compte, encore et toujours. Il reste ? Adieu définitif aux Accords de Paris, dont les USA sont d’ailleurs sortis officiellement hier. Caustique, ce calendrier. Il part ? J’ose rêver à un peu de répit, faute de parler d’espoir franc pour la planète. Enfin, pour nous plutôt…

17h30

Je suis sortie acheter à manger. En passant devant la librairie-Maison de la presse, j’ai glissé un œil à l’intérieur. Envie coupable de voir des livres, comme ça, pour rien. Pour le plaisir des yeux, quelques palpitations du coeur. Mal m’en a pris. Tous les rayons étaient bardés de ce scotch qu’on voit dans les films de crimes et d’hémoglobine. Vade Retro. Livres inaccessibles. Interdits à la vente. Ne pensez même pas à les regarder. Je relève la tête. Face à moi, la vendeuse masquée attend derrière sa caisse. Derrière elle, des étagères dégorgeant de cigarettes non scotchées, elles. Et oui, fumer est autorisé. Et considéré comme un bien de première nécéssité. En ces temps d’urgence sanitaire, prendre soin de sa santé est à l’évidence secondaire. Oserais-je aller jusqu’à penser qu’il serait même recommandé de continuer à la détériorer ? Parce qu’on le sait bien, le CoVid aime tout particulièrement les corps aux défenses immunitaires un peu fébriles… Et grâce au tabac, bronches, poumons et gorge ont de grandes chances de ne pas être au top. Loin de moi l’idée de vouloir faire de l’humour noir, le temps est déjà trop sombre. C’est juste que… qui pourrait me dire en quoi fumer est essentiel et lire ne l’est pas ?