GFAP. 1ère.

GFAP, un drôle d’acronyme pour un mouvement qui a du chien. GFAP : grévistes de la faim pour un avenir possible.

Alors, ça y’est, après un délai dû à un simple manque de temps et parce que j’ai compris le fonctionnement du concept de jeûne collectif, j’ai rejoint le mouvement des Grévistes de la faim pour un avenir possible avec notamment Jean Pierre Garbisu et Pablo Servigne.

Aujourd’hui est donc mon premier jour de jeûne.

Maintenant que le pas est franchi, je me dis comme d’habitude qu’il était inutile d’attendre si longtemps : rejoindre le mouvement n’a pris que quelques minutes ! J’invite donc celles et ceux qui cela résonne à faire de même. Pourquoi ?

  • Car c’est un engagement physique et mental fort qui préfigure les difficultés alimentaires qui attendent une grande partie de l’Humanité
  • Pour exprimer mon refus de l’idée que nos enfants et toute forme de Vivant animale et végétale essaient de survivre dans un monde à +3°C ou + 6°C. L’inaction climatique de l’État est un crime contre l’humanité
  • Pour soutenir les personnes qui mènent ce combat au 4 coins du monde
  • Pour me connecter aux personnes qui subissent ou subiront la famine à cause de l’impact d’un climat déglingué

Retrouvez la tribune donc je suis co-signataire ci-dessous.

APPEL DES GRÉVISTES DE LA FAIM POUR UN AVENIR POSSIBLE – Mars 2021

Nous, Grévistes de la Faim pour un Avenir Possible, lançons aux citoyennes et citoyens un appel solennel à se joindre à notre action, dans chaque pays.

Nous sommes un collectif de citoyens bouleversés, indignés ou révoltés par le manque d’ambition politique face au réchauffement climatique mondial et à l’effondrement systémique de la Nature.

La crise écologique mondiale se confirme sous nos yeux : l’année 2020 a été la plus chaude jamais enregistrée dans de nombreux pays, les catastrophes liées au dérèglement climatique se sont multipliées partout (méga-feux, ouragans, inondations, atteinte aux productions agricoles…) et la sixième extinction de masse, qui concerne tous les pans du Vivant, s’est poursuivie et aggravée.

Depuis des décennies, des centaines d’études scientifiques (travaux du « Club de Rome », du GIEC, de l’IPBES, etc.) alertent sur cette crise globale à venir. Pourtant, nous constatons que la plupart des gouvernements ne prennent pas de mesures assez fortes dans la bataille mondiale engagée pour la protection du climat et de la biodiversité.

La crise sanitaire en cours montre à chacun d’entre nous, quel que soit son pays d’origine, sa couleur de peau, son âge, son métier, ses revenus, qu’un effondrement systémique de nos sociétés est possible. Ce qui se passe avec le COVID 19 n’est qu’un petit avant-goût de l’ensemble des conséquences liées au réchauffement climatique et à l’érosion de la biodiversité.

Cette crise sanitaire aurait dû être l’occasion d’engager davantage l’ensemble des nations dans la transition écologique. Pourtant, nous constatons que la majeure partie des efforts financiers actuels vise au maintien des systèmes économiques existants plutôt qu’au développement de systèmes adaptés aux enjeux futurs.

Le Secrétaire Général de l’Organisation des Nations Unies a récemment appelé à la mise en place d’un état d’urgence climatique mondial jusqu’à atteindre la neutralité carbone et a déclaré : « Si nous ne changeons pas de cap, c’est du suicide ! »(1). Or, nous ne changeons pas suffisamment vite de cap. Notre stagnation est même un facteur fortement limitant de nos chances d’avenir.La grève de la faim effectuée à partir d’octobre 2020 par le Rapporteur Général du Budget Européen, pour dénoncer le misérable montant alloué à la résolution de la crise climatique et exiger une taxation de la spéculation financière, a lancé une véritable vague d’indignation dont notre mouvement est issu. Depuis novembre 2020, en France, en Belgique et dans d’autres pays, 150 personnes de tous horizons ont entamé des grèves de la faim pour exiger le déblocage des moyens nécessaires à la transition écologique mais aussi à la santé, à l’éducation et à l’emploi.

Notre mouvement de grévistes de la faim est spontané, notre organisation informelle, non partisane et solidaire.Nous sommes des citoyens déterminés à peser sur les décisions de ceux qui nous dirigent et à contribuer à engendrer une prise de conscience collective. La grève de la faim est une forme de mobilisation radicale, c’est précisément pourquoi nous l’avons choisie. Elle exige un engagement physique et mental fort qui préfigure les difficultés alimentaires qui attendent une grande partie de l’Humanité. Chacun est libre de s’engager au sein du collectif dans une grève pour un jour, vingt jours ou plus, puis de s’interrompre et de recommencer quand bon lui semble. Notre grève est collective et permanente : nous nous passons le relais. Quand certains s’engagent dans une grève de durée indéterminée, d’autres choisissent la date de son terme, d’autres encore s’impliquent par un jeûne de protestation, récurrent ou ponctuel.Le but n’est pas de nous mettre en danger mais d’interpeller en conscience nos concitoyens et la classe politique qui ne prend pas suffisamment la mesure de la gravité et de l’urgence de la situation. Les Grévistes de la Faim pour un Avenir Possible sont responsables, à l’écoute de leur corps, au service du Vivant.

Nous nous engageons également dans d’autres actions publiques : Cercles de Silence pour un Avenir Possible, rencontres avec les médias et les élus de nos communes, actions de convergence des luttes avec d’autres collectifs au niveau national et international.

Nous proposons aux citoyen(ne)s de s’organiser dans chaque pays en collectifs et de profiter de leur agenda politique (grands rendez-vous institutionnels sur le climat, votes de lois sur le climat et la transition écologique, échéances électorales, etc.) pour organiser des actions collectives de grèves de la faim, dans une démarche non-violente et pacifique, en s’associant aussi souvent que nécessaire aux actions d’autres collectifs et ONG engagés dans ces domaines, pour prendre soin du Vivant et de notre avenir. Les citoyens des grandes villes comme ceux des villages peuvent engager le dialogue et l’action auprès de leurs responsables politiques locaux pour inscrire la lutte pour le climat, la transition écologique, la résilience au cœur de leurs programmes et de leur quotidien.

Nous devons exiger collectivement des dirigeants du monde entier qu’ils engagent la totalité des moyens légaux, économiques et financiers nécessaires pour affronter l’urgence écologique et sanitaire et enrayer le chaos planétaire annoncé par la communauté scientifique.

La spéculation financière, par exemple, n’a aucune justification économique. Pourtant, elle est moins taxée que le pain. Nous exigeons notamment la mise en place d’une taxe d’au moins 1% sur les transactions financières spéculatives, partout dans le monde, ainsi qu’une taxation de tous les produits financiers qui échappent à l’impôt alors qu’ils devraient contribuer à la construction d’un futur acceptable, juste, sur une planète habitable. Mais ce n’est là qu’un exemple de ce qui peut être mis en place par les gouvernements.

Le jugement historique rendu pour « l’Affaire du Siècle » par le tribunal administratif de Paris le 3 février 2021, qui condamne l’inaction climatique de l’État français, conforte tous les ONG et collectifs engagés dans la bataille pour le Climat. « À hauteur des engagements qu’il avait pris et qu’il n’a pas respectés dans le cadre du premier budget carbone, l’État doit être regardé comme responsable (…) d’une partie du préjudice écologique constaté », ont tranché les juges.

A chaque collectif d’imaginer ses actions et stratégies de mobilisation.

Pour suivre les actions de notre collectif, nous contacter et nous informer de vos actions :https://www.facebook.com/grevistesdelafaimclimat